De nouveau en grève le jeudi 21: la rentrée des casses

En cette semaine de rentrée, le ministre de l’Education n’est pas avare en effets d’annonces! Censées séduire l’opinion publique, ces dernières provoquent en réalité des dysfonctionnements catastrophiques qui touchent tous les secteurs de l’enseignement, de la maternelle à l’université…

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Dans le premier degré, la réforme des CP à 12 s’est appliquée sans aucune consultation préalable, comme sortie de nulle part. Sans surprise donc, son application a déjà des effets désastreux. Le manque de moyens des écoles et les bâtiments inadaptés empêchent la mise en place effective du dispositif. Certaines écoles sont contraintes de se partager une salle de classe quand d’autres se voient sacrifier la BCD (bibliothèque et centre de documentation) ou la salle polyvalente. De plus, le dispositif PDMQDC (Plus De Maitres Que De Classe) est remis en cause dans la plupart des REP+, où les maitres-ses surnuméraires ont été réquisitionné-e-s sur les nouveaux postes de CP, alors même que les autres classes sont surchargées.

Les écoles sont donc mises en difficulté avec cette réforme, qui est d’ores et déjà une farce pour les élèves et les personnels.

Ajoutons à cela les évaluations nationales prévues dès cette rentrée pour tous les élèves de CP et 6ème, qui alourdissent d’autant plus la rentrée déjà chargée de changements et vide… de sens!

Pour ne rien arranger, l’annonce du non-renouvellement des contrats aidés nous inquiètent sérieusement concernant tous les travailleur-se-s qui vont perdre leur emploi ainsi que les personnels de l’éducation. L’exemple des écoles guyanaises est significatif : le constat général fait état d’une forte détérioration des conditions de rentrée. L’animation du périscolaire, l’entretien des locaux, le service des repas…Etc sont délaissés. A Saint Laurent du Maroni, aucune école n’aura ouvert à la rentrée, reportée ainsi à une date ultérieure.

De plus, dans le premier comme dans le second degré, l’autonomie des établissement s’accentue dans une logique de division interne et hiérarchique forte qui ne sera pas sans conséquence sur les conditions de travail des personnels.

Enfin, l’annonce du gouvernement de mettre en application la sélection des étudiant-e-s dès la première année d’entrée à l’université cache un manque de moyens conséquent nécessaires à l’université ouverte à tou-t-es. Une nouvelle fois, les élèves sont sacrifiés au profit de l’élitisme et de la méritocratie. Macron rompt en fait clairement avec l’accès de droit de tous les titulaires du baccalauréat en licence. N’oublions pas que déjà en avril 2017, une circulaire publiée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche indiquait la mise en place du tirage au sort sur le portail d’admission post bac lorsque le nombre de candidat-e en première année dépasserai la capacité d’accueil de la formation. Cette mesure contredisait déjà le Code de l’Education (article L312-3) et allait déjà vers un raisonnement élitiste.

Il faut donc continuer d’organiser la résistance en prévoyant des assemblées générales régulières
de secteur pour porter nos revendications ensemble.

& la loi travail ?

Sans surprise, après 6h de « négociations » avec les organisations syndicales (dont Solidaires fut exclue) et aucun contrôle du Parlement, le gouvernement a donc ordonné un nouveau code du travail. Dans la continuité de la loi travail n°1, le niveau de protection des salarié-e-s est sur le point de se dégrader encore davantage, les rendant de plus en plus démuni-e-s face à leur hiérarchie, face aux patrons.

Dans le même sens, la fonction publique subit directement les conséquences de ces réformes : 120 000 suppressions de postes sont prévues d’ici la fin du mandat du gouvernement, les indices de salaires sont déjà gelés, la journée de carence restaurée (alors que deux tiers des salariés du privé en sont exemptés) et les 35h menacées.

Pour finir en beauté, le 6 juillet dernier, la 6ème prolongation de l’état d’urgence a été votée,
et prendra effet jusqu’au 1er novembre.

Rappelons que depuis 2015, 639 mesures d’interdiction individuelles de manifester ont été prononcées, dont 574 pendant la loi travail… Précisions que 155 manifestations ont été interdites en 18 mois. L’ONG Amnesty International qualifie l’état d’urgence de « détournement pour restreindre le droit de manifester ».

De nombreux signes montrent que les orientations et premières décisions du gouvernement rencontrent déjà l’hostilité d’une majorité de la population. En ce sens, la prochaine mobilisation doit être le point de départ d’un mouvement d’ensemble pour arrêter cette offensive ultra-libérale.

C’est pourquoi le syndicat appelle à refuser ces régressions sociales en participant à la journée de mobilisation, de grèves et de manifestation le 12 septembre.

Plus nous serons nombreux, plus nous serons combatifs !

Rejoignons la mobilisation du jeudi 21 septembre,

contre la loi travail et son monde!

Le tract intersyndical d’appel au 21 septembre

 

Jeudi 21 septembre :

 – à 11h, manifestation place Arnaud Bernard
- 15h : AG des grévistes de l’EN à la Bourse du travail