Nouvelles du jeudi 28 mai 2020

1) A quoi jouent la hiérarchie et les pouvoirs publics?

Les choix politiques sont intéressés, antisociaux, irrationnels, libéraux… et rendent nos quotidiens insupportables. Ce choix politique de maintenir à tous prix les écoles ouvertes nous met en danger. Personnels, parents, enfants sont méprisé.e.s de toutes parts. Nous vous faisions un topo de la situation dans une école élémentaire sud toulousaine la semaine dernière, voici une nouvelle situation: celle d’une école maternelle au nord de Toulouse! Communiqué de presse intersyndical du mardi 26 mai:

« A l’école maternelle Ernest Renan, un cas de Covid  est avéré, un agent a été testé positif. Malgré cette information, la mairie et l’éducation nationale avaient décidé de maintenir l’établissement ouvert.  Il a fallu l’intervention des syndicats, grâce à une lanceuse d’alerte, pour obliger la hiérarchie et les pouvoirs politiques à prendre cette décision.

La décision de fermeture n’a été prise que la veille, dimanche 24 mai et l’information aura été diffusée dans la presse avant que les personnels ne soient prévenus le dimanche soir.

Comment peut-on imaginer qu’une école reste ouverte après un cas avéré de Covid ?

Déjà, en cas de suspicion, l’école devrait fermer ses portes et les personnels et élèves devraient être mis en « confinement » en attendant le résultat du test, comme le suggère déjà la médecine de ville. Pourquoi cette différence ?

La crise sanitaire n’est pas finie et pourtant aucune personne d’astreinte pour la mairie de Toulouse, aucun numéro spécifique mis en place pour les personnels mairie ou éducation nationale travaillant dans les écoles. Il existerait un référent Covid au niveau de la mairie mais les personnels ne le connaissent pas… A quoi joue-t-on ?

Il est inadmissible que l’Éducation Nationale et la collectivité territoriale ne testent pas l’ensemble des personnels et usagers de l’école, se bornant à ne tester que les « cas contacts » qu’elles pensaient déceler par téléphone, avec une série de questions. Aprés entrevue visioconférence avec le DASEN ce dernier autorise les enseignants-es à ne pas se rendre sur leur lieu de travail jusqu’aux résultats des tests.

Cependant aujourd’hui le 26 mai l’école a été rouverte avec une enseignante qui n’a pas été testée. Cette situation est pour nous inacceptable. Nous exigeons une fermeture de l’école et un test de l’ensemble du personnel et des usagers avant son ouverture.

La hiérarchie et les pouvoirs publics ont pris la décision de fermer l’école uniquement la journée de lundi 25 mai 2020 pour désinfecter les locaux.

Nous exigeons la fermeture de l’école avant que des tests soient réalisés sur l’ensemble du personnel et des  usagers et que des travaux et aménagements nécessaires soient effectués sans délai pour permettre le respect du protocole notamment en matière de désinfection. »

-> tous les outils légaux pour se protéger par rapport à la rouverture des écoles

-> préavis de grève pour la fonction publique allant du 1er au 30 juin 2020

 

2) C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons!

Depuis la reprise choisie par certain.es., forcée pour d’autres, les équipes sont confrontées au manque de prise de responsabilité de la hiérarchie au mieux, au droit du travail bafoué au pire. Parce que c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons! Il est essentiel de poser la réflexion de l’auto-organisation, à partir de notre contexte pour faire face à leur vision de l’école, qui est loin, bien trop loin d’être la notre!

-> dernier tract de SUD Educ 31-65: c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons!

 

3) Situation au collège Badiou de la Reynerie

Pour rappel, le mois dernier, l’assemblée des Parents-enseignants-habitants avait demandé le maintien des collèges du Mirail à la rentrée (courrier ici). Actuellement, les parents ont écrit à l’inspecteur d’Académie pour que, dans ce contexte, les demandes de dérogation soient toutes acceptées de principe pour permettre aux élèves qui le souhaitent de rester dans un établissement de proximité. Le courrier des parents est à retrouver ici.

 

Et plus largement, parce que de nombreux collèges ont rouverts, et que certains lycées se préparent, ne manquez pas la dernière publication de la fédération SUD Education! A destination de tous les personnels du second degré, voici le guide pour travailler et résister dans le second degré !

 

4) Procès du Comminges

Rappel: Accusé.e.s « d’entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique » et de « participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser » (le 16 mars), quatre camarades Gilet.e.s jaunes du Comminges étaient convoqué.e.s le 26 septembre dernier au tribunal de Saint-Gaudens. L’audience avait été reportée au 16 janvier, puis, au 4 juin. 

Parce que la solidarité est notre arme, tous et toutes devant le tribunal de St Gaudens le 4 juin!!

Pour cette journée du 4 juin, SUD Education a déposé un préavis de grève pour permettre à tous les personnels de l’Education nationale de se mobiliser:

  • Pour la défense des libertés publiques
  • Contre la répression syndicale et policière du mouvement social suite aux contestations sociales et écologistes.
  • Contre toute sanction envers les manifestant⋅e⋅s et l’arrêt des poursuites judiciaires en cours
  • Contre toute tentative de museler les personnels pour s’attaquer à leur liberté d’expression.

 & en parlant répression, elle reprend de plus belle contre le 3 de Melle, en savoir plus ici.

 

5) 5 Milliards d’€ pour la recherche… Ce n’est même pas le minimum !

Le 19 mars, le président E. Macron a annoncé une augmentation de 5 milliards d’€ du budget de la recherche sur twitter… en 2030. Outre le fait que d’ici 2030, deux élections présidentielles auront eu lieu, on peut s’interroger sur ce que représente une telle somme et la manière dont il est prévu qu’elle soit distribuée. Le dossier de presse du ministère du 25 mars 2020 apporte quelques éléments concernant ce dernier point. En parallèle, la Direction générale des ressources humaines (DGRH) du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) nous a donné quelques précisions complémentaires lors de réunions bilatérales.

En savoir plus juste ici !

 

6) Télétravail: SUD Education fait le point sur vos droits

La reprise massive annoncée par le ministre Blanquer n’a pas eu lieu. Les effectifs dans les écoles et établissements sont heureusement extrêmement réduits là où les écoles et les établissements ont rouvert, ce qui n’empêche pas les nombreuses fermetures en raison de la contamination d’un personnel.
Le télétravail risque donc de demeurer la règle, et la tentation pour le gouvernement de faire régresser le droit des personnels est important.

SUD éducation fait le point sur vos droits.

 

7) »Mardis de la colère » : Toutes et tous mobilisé.e.s vers le 16 juin !

Le drame sanitaire, social, politique et écologique que nous traversons n’a pas seulement comme origine une pandémie mondiale… Mais bien la destruction de notre système de Santé, de Sécurité Sociale et d’Action Sociale.

Le gouvernement n’a pas écouté la grande mobilisation du monde de la Santé, des EHPAD, du secteur médico-social et de la Psychiatrie antérieure à la pandémie de COVID-19 et doit payer ses innombrables manquements.

La liste est trop longue des mensonges, des coups de com’, des « ségurs », des tentatives de division par des primes, des manipulations d’un Président qui fuit ses responsabilités en permanence.

La liste est trop longue des manquements aux obligations du gouvernement à garantir un système de Sécurité Sociale qui assure que chacun.e cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins, comme l’indique la loi. 

La liste est trop longue des actes politiques de marchandisation du secteur de la Santé au profit des assureurs, des banques et des laboratoires privés, … De tous ceux qui veulent faire de la santé un business.

La liste est trop longue des alertes des hospitalier.e.s, des grèves, des manifestations, des actions, des démissions, des suicides, des coups de gueules désespérés de professionnel.le.s ou précaires toujours humilié.e.s ou réprimé.e.s.

La liste est trop longue des soignant.e.s et patient.e.s morts du COVID-19, à l’Hôpital, chez eux ou en EHPAD, des contaminé.e.s, des épuisé.e.s, des travailleuses sous-protégés, des premier.e.s de corvées en première ligne, majoritairement des femmes, qui ont tenu.e.s le pays malgré le mépris.

La liste est très longue des solidarités, des citoyen.ne.s et travailleur.se.s auto-organisé.e.s palliant en permanence aux manquements de nos dirigeants.

La liste est très longue de ceux et celles que l’on veut voir condamnés ou dégagés car ils sont responsables des dégâts avant, pendant la crise COVID et même maintenant en voulant accélérer la marchandisation généralisées, notamment en changeant le statut public de l’hôpital et remettant en cause les 35 heures.

La liste est très longue des citoyen.ne.s et travailleur.se.s qui veulent s’engager à tout changer.

Nous devons reprendre notre destin en main. Le Conseil National de la Résistance a mis en place le système de Sécurité Sociale pour bâtir les « Jours Heureux », dans un contexte d’après la guerre pire qu’aujourd’hui. Le désastre économique actuel induit par la crise sanitaire nous impose la protection universelle et de recréer des solidarités.

Tout cela implique que nous avons une occasion historique pour que se joignent les mouvements des personnel de Santé et d’Action Sociale organisées, et celles et ceux qui ont applaudi les « premières lignes » tous les soirs à 20h. L’objectif est de gagner un système de Sécurité Sociale, de Santé et d’Action Sociale entièrement sorti de la logique marchande et gérés démocratiquement comme à leur origine.

Nous proposons de concrétiser cette jonction pour commencer  par des actions tous les « mardi de la colère », comme partout en France. Ces actions devront respecter les gestes barrières et peuvent être remises en cause en cas de seconde vague épidémique et de confinement.

Le 26 mai 2020 14h Hommage aux décédés et contaminées par le COVID-19 sur tous les sites du CHU de Toulouse (Purpan, Rangueil, Hotel dieu La Grave, Salies du Salat, IUCT).

Le 2 juin 14h Action à l’Agence Régionale de Santé Midi-Pyrénée

Le 9 juin 14h Action devant la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, 

Le 16 Juin 14h : Manifestation monstre de la Santé avec tous les autres secteurs.

Premiers Signataires : 
Syndicats : La CGT et SUD du CHU de Toulouse,  UD CNT 31, Solidaires 31, PG 31, UET,
Partis politiques :  LFI, Groupe UCL Toulouse et alentours, NPA31, GDS 31, 
Associations : Le Collectif Inter Urgences, Le Collectif Inter-blocs,  DAL 31, Toutes en Grève, UAT, ATTAC, 

Le Segur de la santé: on prend les mêmes et on recommence!

La Fédération SUD Santé Sociaux s’insurge contre la énième provocation du gouvernement de nommer Nicole Notat comme coordinatrice du Ségur de la Santé.

Le Gouvernement place les négociations sous la coordination d’une personnalité qui représente un courant idéologique dont l’ambition première a toujours été de favoriser la négociation au détriment de la loi et de l’ensemble des garanties collectives communes à l’ensemble des travailleuses et travailleurs. Elle est objectivement un soutien aux libéraux, à la macronie et aux intérêts financiers des grands patrons.

La Fédération SUD Santé Sociaux n’oublie pas que Nicole Notat lorsqu’elle était secrétaire générale de la CFDT, en bonne social-libérale, n’a eu de cesse de représenter une caution social, quel que soit le gouvernement en place, au MEDEF.

La Fédération SUD Santé Sociaux, ne ferme pas les yeux sur la « recette Notat » des années 2000, où la refondation sociale fut un échec cuisant pour toutes et tous, sauf pour le Gouvernement, le MEDEF et la CFDT, soldant le modèle social français sur l’autel du libéralisme.

La Fédération SUD Santé Sociaux n’oublie pas combien la « tsarine Notat » était proche du MEDEF, encensant un libéralisme mondial.

La Fédération SUD Santé Sociaux n’oublie pas qu’elle a fondé et dirigé une agence de notation financée par le patronat.

Aujourd’hui elle est la carte gouvernementale pour un Ségur de la Santé ; mais de qui se moque-t-on ?

La Fédération SUD Santé Sociaux doute de ses capacités à coordonner de façon sincère et loyale les négociations autour du Ségur de la Santé au vu de son lourd passif anti-social !

Preuve en encore d’un fonctionnement d’un autre monde : on prend les mêmes et on recommence !

 

8)Manifester est un droit fondamental, il doit être défendu!

On vous en parlait déjà la semaine dernière, les manifestations post-confinement démontrent une répression sans faille et une volonté de museler toutes expressions politiques. Si manifester et s’exprimer restent des droits fondamentaux, il nous faut plus que jamais les défendre.

SUD Education 31-65 s’est exprimé sur le sujet, le communiqué de presse est à retrouver ici.

Communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme:

« Depuis le 11 mai, le couple exécutif a décidé de réprimer toute forme de protestation publique. En dépit du respect des gestes barrières, il mobilise les forces de l’ordre pour bloquer et verbaliser une chaine humaine à l’Ile-Saint-Denis (93) contre des violences racistes commises par des policiers, un cortège syndical de voitures à Marseille pour l’emploi et les services publics, des rassemblements ponctuels de « gilets jaunes », des protestations des personnels infirmiers et de médecins devant des hôpitaux.

La liberté de circulation est rétablie dans les centres commerciaux et l’espace public ; il sera prochainement possible, par faveur spéciale, d’aller au Puy du Fou, de se rassembler dans les lieux de culte et de se rendre dans les bureaux de vote pour le second tour des municipales. Pour le gouvernement, consommer, déambuler, se divertir, prier ou voter : c’est oui. Protester dans la rue, c’est fermement non.

Le droit de manifester est un droit fondamental, garanti par l’article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Il distingue les démocraties libérales des régimes autoritaires. Avec cette interdiction absolue qu’il impose, avec un état d’urgence reconduit avec des pouvoirs exorbitants donnés au gouvernement, le maintien entre parenthèses du fonctionnement normal de nos instituions, l’exécutif avance sur une dangereuse ligne de crête. Celle-là même qui conduit à l’autoritarisme, affaiblit la démocratie, menace la paix civile.

Il s’agit d’une atteinte grave. Face à quoi, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a décidé d’engager un recours contre l’article 7 du décret du 11 mai 2020 qui maintient cette interdiction et autorise la répression d’une liberté fondamentale.

La LDH appelle solennellement tous les acteurs politiques, syndicaux et associatifs à se dresser contre ce déni de droit et à intervenir pour obliger l’exécutif à ouvrir sans délai les discussions sur des solutions adaptées et permettant de concilier prévention sanitaire et liberté de manifestation.

Paris, le 25 mai 2020″

 

9) Plus Jamais ça : 34 mesures pour un plan de sortie de crise

« Mardi 26 mai, 20 organisations associatives et syndicales publient un plan de sortie de crise. Dans un document détaillé de 24 pages, les organisations signataires défendent 34 mesures pour répondre de concert aux enjeux sanitaires, sociaux, économiques et écologiques auxquels font face nos sociétés.

Depuis janvier, les différentes organisations ont multiplié les rencontres et collaborations, convaincues qu’il n’est pas de réponse à l’urgence écologique sans une réelle justice sociale. Ce collectif qui a lancé le 27 mars une pétition appelée Plus jamais ça, n’a eu de cesse de souligner l’impérieuse nécessité d’une rupture avec les politiques menées jusqu’à présent, nécessité dramatiquement rappelée par la crise actuelle. Poursuivant cette démarche, il publie ce 26 mai, une série de mesures concrètes pour répondre à la crise sanitaire et la crise économique qui suit, tout en posant les jalons d’un nouveau projet de société.

Décliné en 34 mesures, le plan précise « faire la démonstration qu’il y a des alternatives au capitalisme néolibéral, productiviste et autoritaire, et que ces alternatives sont crédibles, désirables et réalisables, à condition que les moyens politiques soient mis au service des objectifs de transformation sociale et de préservation de l’environnement. »

Les deux premières parties de ce plan s’attachent à formuler des propositions pour répondre de façon urgente et efficace à la double crise sanitaire et sociale. La troisième partie de ce plan indique les mesures pour une refondation de la fiscalité et du système financier au service d’une juste répartition des richesses et d’une véritable transition écologique. La dernière partie du document présente à la fois les moyens à mettre en oeuvre pour une reconversion sociale et écologique de la production agricole, industrielle et des services ; tout en dressant un plan ambitieux de relocalisation des activités accompagné de mesures fortes de solidarité internationale.

Ce plan est donc global – à l’image des crises actuelles – mais les mesures proposées se veulent concrètes et spécifiques. Car, pour le collectif, l’action est urgente et des décisions s’imposent dès aujourd’hui, en s’appuyant sur les luttes collectives et le développement de pratiques alternatives. Seules ces décisions définiront le visage du Jour d’Après et permettront d’affirmer réellement : « Plus jamais ça ! ».

Dans sa démarche de proposer un changement concret de paradigme pour construire l’après, l’alliance a présenté son plan de sortie de crise lors d’une rencontre avec plusieurs partis politiques de gauche le 20 mai. »