Nouvelles du jeudi 10 Septembre

Dans tous les secteurs, tou.te.s en grève jeudi 17 Septembre

Le tract en PDF ici

Dans l’éducation, appel à la grève et à la manifestation Toulousaine (10h Arnaud Bernard) de l’intersyndicale départementale, Sud Educ, CGT Educ Action, FO, Snuipp, SNES

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Les évals approchent, pour SUD Educ 31-65, c’est toujours non !

Les élèves sortent de 6 mois sans école pour certain.e.s, une expérience de confinement stressante, un déconfinement angoissant, des vacances à la maison sous un battage médiatique des plus inquiétants !

On pourrait croire que la priorité de la rentrée serait d’accueillir les enfants dans un environnement apaisant, un retour serein à l’école pour réapprendre à vivre ensemble, recréer les liens avec les camarades, et pour les profs, reprendre des pratiques pédagogiques collectives et émancipatrices…

Apparemment, ce n’est pas la priorité du ministère : soucieux de vite donner à manger aux calculateurs de performances PISA, il faut que les élèves soient évalué.e.s…

Cette obsession qui tourne à la lubie est d’autant plus absurde dans le contexte actuel. SUD Educ 31-65 s’oppose à la passation de toutes les évaluations imposées et soutient les collègues qui se mobilisent contre celles-ci. Au niveau national, une pétition a été lancée :

https://la-petition.fr/les-evaluations-ne-doivent-pas-avoir-lieu

Dans certains établissements comme au lycée Rive Gauche pour des profs de lettres, il y a déjà des oppositions aux évaluations de seconde !

Voici l’argumentaire que des collègues de SUD Education, enseignantes de français ont écrit :

Evaluations en seconde : c’est non !

L’équipe de Lettres s’oppose à la passation des évaluations de seconde en français. En effet,

Après six mois sans école, l’urgence ne nous paraît pas d’évaluer les élèves mais de travailler avec eux : nous avons besoin de temps pour reprendre avec eux le chemin des apprentissages et nos heures avec eux ne doivent pas être gaspillées.

Nous ne voulons pas remettre des élèves seuls devant un ordinateur : ce fut leur situation pendant des mois et à présent, il est grand temps de retrouver le cœur de l’école : apprendre ensemble de façon vivante

Nous partageons ensuite deux constats du rapport de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche sur les évaluations du second degré de juin 2020 : les difficultés techniques et d’organisation (immobilisation du parc informatique, complexité des codes d’accès, lourdeur d’organisation du planning) et surtout l’inutilité pédagogique de ces tests qui ne donnent lieu à aucune exploitation en classe

Nous rappelons que nous savons évaluer nos élèves et adapter nos enseignements : c’est notre métier

Notre travail est d’apprendre à réfléchir, comprendre, questionner, s’exprimer, non de nourrir des statistiques (pour d’inutiles comparaisons internationales…)

Nous défendons une politique de l’apprentissage contre une politique de l’évaluation

Et pour finir, nous anticipons sur la conclusion de ce même rapport qui envisage la suppression des évaluations de seconde , en préférant utiliser les heures prévues pour les évaluations à une activité ô combien plus précieuse : écrire, lire de la littérature et réfléchir au monde dans lequel nos élèves grandissent.

Autre problématique de ces évaluations : le ministère se sert de celles de cycle 2 pour surveiller les élèves et leur famille !

Vu sur les évaluations de CE1 de cette année : un questionnaire à remplir par l’enseignant.e pour savoir si les enfants sont revenu.e.s à l’école lors du déconfinement et à quelle fréquence. Ainsi qu’une liste de questions du type « si tu étais content.e de rester à la maison, entoure le rond, sinon, entoure le carré ». Quel anonymat pourrait-on objecter ?

Pour nous, la question la plus adaptée en ce moment, est : « Si tu penses que les évaluations nationales sont inutiles, entoure le rond, si tu penses qu’elles sont anxiogènes, entoure le carré »

Pour conclure, comme dans l’argumentaire des camarades de Rive Gauche, en attendant leur suppression inhérente à leur inutilité, nous vous souhaitons d’utiliser les heures prévues pour les évaluations à des activités pédagogiques hautement plus intéressantes !

Directeur et directrice d’école: un niveau hiérarchique de plus censé améliorer les conditions de travail, quelqu’un a déjà vu ça quelque part ?

Les mesures annoncées font état d’une indemnité exceptionnelle liée à la crise sanitaire de 450 euros, d’une organisation indépendante des 108 heures de service annuelles, de la simplification d’applications informatiques, « d’espaces de discussion » virtuels avec les représentant-e-s des DASEN, de deux jours de formation par an, d’un-e référent-e « direction d’école » par département et d’une aide administrative recrutée par le ministère qui pourra être exercée par des services civiques, des AED ou des étudiant-e-s apprenti-e-s préparant un diplôme de niveau bac+2 (BTS, DUT…).

Les annonces du ministre sont des mesures insuffisantes. Les tâches administratives ne la grève et à la manifeestation de l’intersyndicale départementale va arriver seront pas allégées, mais seulement annoncées plus en avance. La décharge de service des directeurs et directrices d’école n’augmentera pas. L’aide administrative dont ils et elles bénéficieront sera essentiellement apportée par une main d’œuvre peu formée et corvéable : des salarié-e-s en contrat précaire, ou des jeunes en service civique dont les emplois ne seront pas pérennisés dans le temps. Cela nécessitera régulièrement du temps pour former des personnels qui ne resteront pas en poste du fait de la précarité de leur emploi

La loi Rilhac même allégée, et le discours du ministre, montrent la volonté de placer les directrices et directeurs d’école davantage sous le contrôle des DASEN, au détriment des conditions de travail de tou-te-s, adjoint-e-s et directeur-rices. La pression sur ces personnels se fera encore plus forte, puisque la loi ne prévoit pas plus de décharge, ni d’allègement réel des tâches administratives.

En marche vers la verticalité magique

La situation sanitaire du printemps dernier et de la rentrée de septembre 2020 démontre bien le paradoxe. Les directrices et les directeurs d’école se trouvent en première ligne pour répondre à la demande de leur propre employeur, l’État. On leur demande de mettre en place des protocoles sanitaires régulièrement renouvelés dans des conditions de stress et de précipitation pour rouvrir les écoles toujours sans moyens nouveaux et sans respect de leurs conditions de travail (de nombreux-ses directeur-rice-s ont d’ailleurs saisi le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT)).

On leur reconnaît donc bien un statut particulier en situation de crise mais rien ne change dans leurs conditions de travail : temps de décharge, valorisation salariale (si ce n’est une indemnité ponctuelle de 450€), etc.

Les personnels n’ont pas besoin d’un nouvel échelon hiérarchique qui ne dit pas son nom. Ils ont besoin de collectif, de solidarité au sein de l’équipe, et d’une amélioration des conditions de travail. Cela passe par des recrutements de personnels, une baisse générale des effectifs en classe, l’allègement des tâches administratives. C’est ainsi qu’il sera possible de garantir un fonctionnement démocratique dans les écoles, condition nécessaire à un service public d’éducation émancipateur pour tous les élèves.

SUD éducation porte un projet de direction collégiale d’école pour une école égalitaire et émancipatrice.

La prise en charge collective des directions d’école et un travail en équipe renforcé avec des moyens et du temps attribués aux écoles qui passe par :

  • l’augmentation du temps de concertation sans augmentation du temps de travail
  • l’allégement des tâches administratives (surcharge administrative avec les multiples tableaux et enquêtes à remplir, relation avec les mairies et les IEN…)
  • le recrutement de personnels formés et titularisés d’aide à la direction
  • la mise en place de pratiques pédagogiques coopératives et émancipatrices

Collège Badiou, le combat continue et la lutte paye !

On vous en parlait la semaine dernière, pour cette rentrée 2020-2021, les enfants du quartier de la Reynerie, voyaient pour la première fois les portes de leur collège de quartier totalement closes.

En effet, le projet dit « de mixité » cher au Conseil Départemental et orchestré par le rectorat, touchait à son (inique) but avec la liquidation des dernières classes de troisième qui restaient encore lors de l’année scolaire passée.

Le vivre ensemble façon centre-VIL

« Les familles du centre ville n’accepterons jamais que leur enfants soient envoyés dans des collèges périphériques et auraient les moyens (financiers) de contourner le dispositif en inscrivant leur enfants dans le privé. »

Voilà un des arguments, souvent avancé par les tenant.e.s du vivre ensemble façon centre VIL, pour se justifier du choix de fermer les collèges de la Reynerie et de Bellefontaine.

Les familles de la Reynerie ont aussi des ressources, 21 dérogations obtenues !

Le combat n’a jamais cessé contre ce projet, et aujourd’hui sa mise en œuvre. L’assemblée Parents-Enseignant.e.s Habitant.e.s est toujours debout et la lutte paye.Face à la détermination des familles, le rectorat a du se résoudre à accepter les 21 demandes de dérogations, refusée dans un premier temps en juin, obtenant ainsi que les enfants du quartier soient scolarisés proche de leur domicile.

Le collège est fermé mais la lutte continue, notamment face à Conseil Départemental, pour obtenir la gratuité des transports scolaire…comme pour tous les autres élèves du département.

LPPR : encore une étape vers la destruction de l’université

Comme préconisé par le Conseil Européen de créer une « économie de la connaissance compétitive » ou par la Banque mondiale qui souhaite « privatiser le financement des universités, démanteler les « rigidités » salariales, ou de lier l’enseignement supérieur aux débouchés commerciaux », la LPPR constitue ce pas de plus vers la destruction des universités.

Précarisation de l’emploi, mise en concurrence des équipes de recherche, marchandisation des savoirs, alignement des moyens alloués aux établissements avec les créations de start-up, inféodation des travailleur.euse.s, budget insuffisant, etc.

SUD Education et SUD recherche EPST se sont adressés aux députés le premier septembre lors d’une audition à l’Assemblée Nationale. Voici le texte de la déclaration :

Declaration-de-sud-recherche-et-sud-education

Aussi, la fédération SUD Education a publié un communiqué expliquant pourquoi nous nous opposons à ce projet de loi et revendiquant la construction d’un grand service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, au service de toutes et tous, avec des moyens humains, financiers et matériels garantis et pérennes, ou la précarité n’est plus de mise : le communiqué ici