Nouvelles du jeudi 10 octobre 2019

1) La hiérarchie tue et nous continuons d’en-saigner…

Le travail a tué le 9 septembre 2019:

Nous avons appris le suicide de Laurent Gatier, 52 ans, professeur au lycée professionnel de Chamalières (Puy-de-Dôme). Il a mis fin à ses jours le 9 septembre dernier en laissant une lettre qui évoque des pressions de sa hiérarchie.
Dans sa lettre, il dénonce également des conditions de travail insupportables. Il était professeur depuis vingt-sept ans dans le même lycée et responsable du bureau des stages depuis 15 ans. En plus de ses heures de cours, il accompagnait dans la recherche de stages, rencontrait des professionnels pour nouer des partenariats, assurait un suivi pédagogique, effectuait des visites sur le terrain, gestion. Alors que les quelques heures supplémentaires qui lui étaient attribués pour ce travail conséquent ont été grandement amputées en cette rentrée chaotique en LP, Il s’est retrouvé avec une surcharge de travail considérable, son binôme en arrêt maladie depuis février n’ayant pas été remplacé par l’administration. Avec une reconnaissance financière modique, la charge de travail trop lourde est allée de pair avec un management agressif : “mots violents et vexants pour le secouer, appels parfois très tard” nous dit son fils, ce fut trop pour Laurent Gatier.
Un CHSCTA extraordinaire s’est réuni ce lundi afin qu’une enquête soit menée par les représentant-e-s du personnel pour établir le lien entre la mort de notre collègue et ses conditions de travail et exiger des vraies mesures de prévention et de protection de la part de la hiérarchie.

Le travail a tué le 21 septembre:

Nous avons appris le suicide de Frédéric Boulé. Cet enseignant de SVT de 58 ans qui exerçait depuis 28 ans au lycée international de Valbonne, a mis fin à ses jours le 21 septembre, le même jour que Christine Renon. Il s’est suicidé cinq jours après avoir rencontré le médecin de la prévention du rectorat.

Ce suicide est lié à l’extrême dégradation des conditions de travail et au manque d’une médecine de prévention digne de ce nom. Les problème de santé de Frédéric Boulé ne lui permettait plus d’exercer son métier de la même manière. Il n’a pas pu bénéficier d’un aménagement de fin de carrière ou d’une reconversion, dans un contexte où les réformes des lycées épuisent les personnels.

La souffrance au travail existe bel et bien. Elle touche l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, tous exposés à des conditions de travail pathogènes. Ces enseignant-e-s épuisé-e-s et stressé-e-s peuvent mettre fin à leur calvaire professionnel en mettant fin à leur vie. Comme tout employeur, l’Éducation nationale a des responsabilités, comme le prévoit le Code du travail, qui oblige ce dernier à « prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».

Aujourd’hui se tient un CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) académique à Nice afin qu’une enquête soit menée par les représentant-e-s du personnel pour établir le lien entre la mort de notre collègue et ses conditions de travail, exiger des vraies mesures de prévention et de protection de la part de la hiérarchie.

SUD éducation exige que chaque suicide soit porté sans délai à la connaissance d’un CHSCT et des organisations syndicales.

SUD éducation exige que le ministre communique les chiffres qui permettraient de prendre conscience de l’ampleur des suicides dans l’éducation nationale.

SUD éducation exige du Ministre que cesse la mise en place d’organisations du travail pathogènes et demande de réelles mesures de prévention et de protection des personnels afin d’éviter que ce drame se reproduise encore.

SUD éducation appelle aussi tous les collègues à prendre en charge cette question de la souffrance au travail, question qui ne peut se réduire, comme le voudrait l’institution, à des aspects personnels et privés.

–> courrier des fede educ au ministre et lu au CTMEN du 3 octobre dernier

2) Projet de réforme des retraites : à Rodez, Macron annonce la couleur pour les enseignant-e-s

Le 3 octobre dernier, devant un parterre de lecteurs-trices du Midi libre réuni-e-s à Rodez, Emmanuel Macron a formulé plusieurs déclarations sur les retraites des enseignant-e-s, chacune plus inquiétante que la précédente.

Macron a tout d’abord montré l’étendue de son ignorance du terrain en affirmant qu’une retraite d’un-e enseignant-e en fin de carrière est actuellement de 1 100-1 200 euros, alors qu’elle est en réalité actuellement de 2 380 euros en moyenne. Le plus inquiétant dans cette affirmation, c’est qu’il considère qu’une pension de 1 200 euros constituerait une retraite acceptable. Le coût social à venir de la baisse des pensions est donc parfaitement assumé par ce gouvernement au service des capitalistes.

Macron déclarait ensuite que s’il voulait maintenir le niveau de pensions actuel dans le nouveau système de retraite, il faudrait augmenter le niveau des rémunérations de 10 milliards par an. Il annonce clairement que c’est inenvisageable. Ces 10 milliards d’euros de revalorisation salariale sont à mettre en regard de ces quelques chiffres :
• le CAC 40 prévoit de verser 50 milliards d’euros de dividendes en 2019 ;
• Solidaires Finances Publiques, repris par la presse économique, chiffre la fraude sociale et fiscale patronale à au moins 80 milliards d’euros ;
• La subvention de l’État à l’enseignement privé s’élève à… 10 milliards d’euros.
Bien évidemment, la réforme des retraites est à combattre dans son ensemble, et ne saurait être compensée par des promesses de revalorisation… mais cette fin de non-recevoir sur les revendications salariales montre le mépris que porte le gouvernement aux conditions de vie des personnels.

De plus, Macron déclare : “Vous avez des vacances, et vous partez à la retraite avec un système qui est mieux calculé que chez beaucoup d’autres”. Comme tant d’autres hommes et femmes politiques, le président ne trouve rien de mieux que d’insister sur les prétendus “privilèges” des fonctionnaires en général et des enseignant-e-s en particulier. Cette surenchère démagogique trouve sa justification dans la suite des propos d’Emmanuel Macron, qui prétend rémunérer les enseignant-e-s au mérite, et augmenter leur temps de travail.

SUD éducation revendique des augmentations de salaire et refuse de projet de réforme des retraites du gouvernement. SUD éducation dénonce la mise en place de retraites individuelles par points mettant fin au système de retraites solidaire, et revendique un régime de retraite par répartition intégrale à prestation définie pour limiter les inégalités à la retraite.

SUD éducation revendique :
un taux de remplacement à 75 % des dix meilleures années ou du dernier indice, une durée de cotisation de 37 ans et demi, pas de pension inférieure au smic, l’égalité entre les hommes et les femmes au travail comme dans la retraite, départ à 60 ans, à 55 ans pour les métiers pénibles, et enfin pas de recul sur les droits acquis.

SUD éducation appelle à construire un affrontement victorieux avec ce gouvernement au service du patronat et des capitalistes.

3) Copinage à l’université du Mirail  (Jean Jaurès)

Ou quand une présidente choisit de nommer un personnel en interne ayant une étiquette syndicale au poste de DRH…

(favoritisme syndical envers des syndiqués et élu.e au Comité technique, promotion hors cadre, mouvement hors cadre)

Evidemment tout cela défit tous les cadres de mise en oeuvre de nomination et de promotion, engendrant de grave dysfonctionnement dans l’égalité de traitement des personnels et remet en question la sincérité des votes lors du Comité Technique !

 –>Le communiqué inter syndical ci dessous en PDF ici

4) En marche vers un Service national Universel obligatoire

Une opération de soumission de la jeunesse :

il s’agit d’inculquer un esprit d’obéissance aux règles, un respect absolu des normes… Règles et normes qui, pour la plupart, ne visent qu’à perpétuer les inégalités et injustices inhérentes à l’organisation actuelle de la société. Cette volonté de soumission passe aussi par un contrôle renforcé, notamment à travers la mise en fiches de tous les jeunes de 16 à 25 ans ; on sait comment ce genre de fichier peut être utilisé ! Volonté de soumission, enfin, car elle ne reconnaît comme « engagement » des jeunes que les dispositifs étatiques.

La remise en cause des droits des travailleurs et travailleuses :

les jeunes du SNU seront utilisé/es pour remplacer des emplois aujourd’hui occupés par des employé/es qui ont un salaire, une convention collective ou un statut, la possibilité de s’organiser syndicalement, des droits individuels et collectifs. Avec le SNU, chaque année, 800 000 jeunes seront exploité/es, sans aucun de ces droits, pour des durées variables ; ils et elles seront très vivement encouragé.es à poursuivre leur « engagement volontaire » par un service civique, dans les mêmes conditions de précarité.

Des dépenses considérables :

6 milliards €/an, selon un rapport sénatorial de 2017. Ces milliards seraient bien plus utiles pour le service public de l’Éducation, qu’aux mains des militaires !

Le renforcement de la militarisation.

Encadrement militaire, levée du drapeau, chant guerrier, uniforme, parcours du combattant, raid commando, etc. contribueront à l’endoctrinement des jeunes. La propagande visera à banaliser encore plus le rôle de l’armée, alors que celle-ci est en pointe dans la répression, sur le territoire français, dans les colonies et diverses régions du monde. Sans surprise, il n’est nullement question dans le programme de pacifisme, de non-violence, ni de remise en cause du rôle de l’armée.

Le gouvernement nous dit : Il faut que les jeunes s’engagent.
Mais c’est déjà le cas !
Ils et elles s’engagent pour lutter contre le racisme, pour que cesse la destruction de la terre, pour défendre leur droit à étudier, pour le partage des richesses, pour le droit au logement, pour l’égalité des droits et contre les discriminations, etc. Ce n’est pas à l’État de les forcer à s’engager !
Comment peut-on parler d’apprendre la citoyenneté, lorsqu’on confie l’encadrement à l’armée (qui, par ailleurs, n’était pas demandeuse) ?
Non au SNU ! Abrogation du SNU !

5) Appel contre le démantèlement du service public d’orientation de l’Éducation nationale

Le service public d’orientation de l’EN disparait à toute vitesse: fermeture des CIO, refonte des missions des PsyEN en les transformant en « ingénieurs en orientation », chargés essentiellement de mettre en œuvre les plans d’actions régionaux, ne lier l’orientation qu’aux résultats scolaires et aux besoins d’emplois dans les territoires bref les réformes continuent de toutes s’appliquer dans l’EN, qui se meurt à petit feu, emportant ses travailleurs et travailleuses avec elle.

-> appel intersyndical du 25 septembre 2019

 

6) Droit à l’école pour tous les enfants

« L’éducation est un droit pour tous les enfants résidant sur le territoire national, quelle que soit leur nationalité. » Cet extrait de la circulaire de 2014 est plus que jamais d’actualité, c’est pourquoi un petit guide juridique et militant a été publié, à lire et à faire tourner dans les établissements!!

 

7) Formation interpro à Solidaires 31: « stratégies du mouvement social »

L’assemblée des syndicats de septembre a décidé d’organiser une journée de formation et débat « stratégies du mouvement social ».

Cette journée aura lieu le vendredi 22 novembre. Elle est ouverte à toutes et tous les adhérent-es des syndicats de Solidaires. Toute personne (chômeuse/eur, privé, public) peut assister à cette journée en envoyant une demande de Congé de formation (modèle en pièce jointe) au moins 30 jours avant (c’est à dire le 22 octobre) et surtout en s’inscrivant auprès de solidaires 31 à cette adresse solidaires31@wanadoo.fr. Les deux démarches sont obligatoires, si vous ne nous envoyez un mail vous ne serez pas inscrit-e. Dans ce mail à l’union, donnez nous un nom, un prénom, l’employeur, un e-mail et votre syndicat (à informer également de votre inscription). Faites le au plus tôt ! Il n’y a pas de limite en termes de nombre d’inscrit-e.

Cette journée sera l’occasion de développer notre stratégie interprofessionnelle contre la réforme des retraites, autour des mobilisations climats, des gilets jaunes, mobilisations féministes, etc. Pour le 5 décembre, un appel à la grève reconductible vient de sortir dans le Rail, à la RATP et par l’Union syndicale Solidaires. Les mouvements seront donc nombreux et nous aurons besoin d’être le maximum lors de cette journée (et de tous secteurs) pour réfléchir et s’organiser au mieux si nous voulons gagner !

Le descriptif de la formation ici ! Par ailleurs, un groupe de travail se met en place pour préparer au mieux cette formation, inscrivez vous auprès de l’union syndicale en envoyant un mail à solidaires31@wanadoo.fr

Le programme ainsi que le détail de l’organisation pratique de la journée sera communiqué aux inscrites et inscrits. Il y aura des ateliers pratiques et des débats politiques.

Pour toute difficulté, contactez votre syndicat ou notre union syndicale! Nous sommes là pour vous aider dans l’inscription.

8) L’hôpital continue de brûler: lettre du collectif inter-urgences à Mme Buzyn

Plus de 6 mois que dure le mouvement de grève des urgences et rien ne bouge… le peuple n’est ni écouté ni entendu. La colère se fait toujours entendre aux urgences de Purpan, Ducoing, Ambroise Paré, Rangueil, St Gaudens.. rejoint depuis mardi par les salarié-e-s des urgences de la clinique de l’Union.

Les conditions de travail se détériorent, les moyens sont rationnés, les personnels dévalorisés et les patients sont en danger. Tant que la réforme du service public s’appliquera, tant que la logique libérale et managériale nous écrasera, la lutte continuera ! Les personnels se battent pour un service public de qualité, nous devons les soutenir et faire converger nos luttes.

-> lettre ouverte à Mme Buzyn à lire ici

 

9) Liberté pour Georges Abdallah !

Le 24 octobre 2019, Georges Abdallah aura été détenu 35 ans dans les prisons françaises. Communiste libanais et militant de la cause palestinienne, il est le plus vieux prisonnier politique d’Europe. Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, il est condamné à 4 ans de prison, puis en 1987 à la réclusion à perpétuité par un tribunal spécial pour complicité dans l’exécution d’un agent des services secrets israéliens et d’un attaché militaire états-unien alors même qu’Israël occupait et massacrait le peuple libanais durant une terrible offensive militaire.

Libérable d’après le droit français depuis 1999, Georges Abdallah a fait 8 demandes de libération, toutes jugées irrecevables. Soucieuse de préserver ses intérêts au Moyen Orient, la France refuse de le libérer car il refuse de renier son engagement en soutien à la Palestine et aux peuples en lutte.

Récemment, le président libanais Michel Aoun a affirmé s’être saisi du dossier pour exiger la libération de Georges Abdallah auprès du président Emmanuel Macron.

Soutien des mobilisations sociales et populaires, contre le racisme, contre les violences policières, contre la montée de l’extrême droite et du fascisme, contre la répression d’État, en soutien à la Palestine et tous les peuples en lutte contre le colonialisme : Georges Abdallah est de toutes les luttes en affirmant sa solidarité régulièrement !

Nous exigeons aujourd’hui sa libération immédiate et nous appelons à participer au mois d’agitation à Toulouse « Georges Abdallah : il est de nos luttes, nous sommes de son combat ! » ainsi qu’à la manifestation nationale samedi 19 octobre dès 14H de la gare à la prison de Lannemezan (65) où il est détenu.

-> programme du mois de mobilisation à retrouver ici